Des petites scènettes comiques dans les films, ça fait bien rire.
Le gag récurent du gars qui se prend toujours le pied dans un meuble, du pot de peinture mal placé ou n'importe quelle autre scène connues, ça fait toujours sourire. Mais pas quand ça vous arrive.

Pour entrer dans la bâtisse de mon boulot, je me gare le long du quai, je longe le Rhône sur 100, 200 mètres, je passe sous le pont, je passe devant les petits garages et je traverse la placette. Entre la librairie et le cinéma, la porte vitrée, je rentre et me voilà prête à monter les mults escaliers. Et bien, pour en sortir, je fais exactement le même trajet dans l'autre sens. Sauf qu'il m'arrive souvent de partir 1/2 heure après l'horaire, voire une heure après (mais plus rarement quand même, sinon je me flagelle). Alors là, outre le fait d'accélérer le pas pour retrouver titine, je dégaine mon portable et j'appelle mon cher et tendre. Pour qu'il sache où, géographiquement, je me trouve et pour expliquer - s'il est déjà chez lui [à 250km de là] - le pourquoi de je suis pas encore là. Puis, vu que dans la Crau c'est plutôt désert, s'il a pas de nouvelle d'ici 1h, il peut s'inquiéter. Mais, je ne l'appelle pas tous les jours : parfois un texto (écrit en entier), parfois rien. Et il se trouve que le ciel est bleu, les mouettes chantent et les automobilistes désertent la rue lorsque je me trouve dans ces cas de figure. Les motards se rarifient, les voitures deviennent transparentes ou muettes. Passer sous le petit pont me calme, m'apaise, me fais oublier les libraires qui téléphonent et les commandes à passer en urgence.

Mais il suffise que je choisissent de vouloir appeler mon chéri tel jour pour que tous les engins motorisés de la création sortent dans la rue. Il suffit que je décide de sortir mon portable pour que le merveilleux petit pont me casse le système avec l'écho de ce p**** de scooter de m**** ! Il suffit que je me sente d'humeur gaillerette, que j'ai envie d'appeler mon chéri même si je ne suis pas en retard pour que la voiture miteuse sans permis avec un trou de la taille de mon poing dans le pot d'échappement passe à proximités de mes douces oreilles. C'est impressionnant. Si calculée quelque soit la situation !!
Vous comprendrez que mon calme et mon apaisement sont vite submergés par un vif sentiment de colère et d'énervement. Je ne peux donc pas être tranquille DEUX MINUTES. Je demande pas beaucoup pourtant. Mais, depuis, j'anticipe. Avant, je téléphonais une fois dans la rue. Maintenant, passée la porte battante du haut des escaliers, j'enclanche la procédure de téléphonie. Je papote 3 secondes mais voilà. La formule magique "oui allo mon chéri ?" déclenche une série d'événements imprévisible. Arrivée au pont, il y a toujours un motorisé pour me casser les oreilles, à défaut d'autre chose. Il suffise que j'arrive au niveau de la chaussée, téléphone en marche, pour que toutes les voitures (les plus bruyantes sinon ce n'est pas drôle) débarquent. Et cela ne le fais que lorsque je suis au téléphone. Impressionnant.

Donc, j'enrage. Et depuis, j'hésite vraiment à appeler mon chéri quand je sors du boulot...