Par une belle soirée d'hivers, je me suis rendue compte un peu tardivement que mon cher et tendre venait dormir chez moi le soir.

Hop, hop, hop, je range un peu ma chambre, je fais un peu propre, je coupe le réveil et je vais à la douche.
Je profite alors de ma douche chaude (*aime prendre une douche brulante*) et je prends mon temps : je suis enfin tranquille ! Reposée, délassée... On chantonne, on se repasse la journée, on... Ah, faut que je me lave la tête ! Aller, sous la douche et j'en profite encore de me sentir au chaud. C'est lorsque je sens mes doigts fripés et que je distingue difficilement le mur de la salle de bain (pourtant petite) à cause de la vapeur, je me dis qu'il est temps de sortir. Et là, ah ah !, je suis en retard. Inévitable, Watson ?

Alors, fissa je prend une serviette, je sors le séchoir et devant ma glace, je sèche mes cheveux. Et là, horreur. Je réalise que j'ai oublié la case "rasoir"... Je rapelle que je vois mon chéri le soir. Et que nous sommes en hivers. Si si, cela à son importance... Le challenge d'être impeccable peut rapidement viré scénario catastrophe pour cause de pillosité trop développé. Ou même développé tout court. Pas le temps pour la-mousse-qui-rend-douce (on va dire que le fait de pas sentir un ours des cavernes à ses côtés peut faire oublier l'absence potentielle de douceur), je trifouille dans le panier prévu et là horreur derechef. Le rasoir a disparu. Cherche, fouille, fouine, déplace et s'énerve. Résultat : pas de résultat. Bon... PLAN B *action*.

Je trouve un rasoir neuf au fond dudit panier. La joie et l'allégresse s'emparent de moi lorsque je réalise qu'il s'agit d'un rasoir wilkinsonjesaispasquoi. Pour homme. Le rouge et le noir agressifs auraient du me mettre sur la piste, mais pas le temps de réfléchir. Un zip par ici, un zip par là et me voilà à des kilomètres du stade "cro magnon". Présentable, mais pas douce comme-la-dame-de-la-pub. Je speede et je m'habille. Et je réfléchis.

Quel traumatisme j'ai du faire subir à ce pauvre rasoir. Lui qui a du être entrainé et préparé tout au long de sa vie et de sa fabrication à raser des poils d'hommes ! "Des poils de mâles tu raseras !" ou bien "The Poil shall not pass !". Un vrai entrainement de militaire, rasé de près. Quelle déception en voyant mes petits poils se couper si facilement sous la lâme meurtrière ! Pas de résistance, pas d'opposion. Une peau lisse, des poils fins, une main agile avec une poigne si douce... Cela a du provoquer chez lui un trauma d'une puissance indiscutable.
Suis-je vraiment fait pour raser des hommes ? C'est plus sympa les poils de femme... Ne pourrais-je jamais pouvoir choisir ma voix !? Je ne sais plus qui je suis... MAIS QUEL EST MON DESTIN ?

Voilà... Voilà comment je suis devenue responsable du premier rasoir bisexuel. Pas d'ambivalence, c'est très clair. Je l'ai repris quand je n'avais toujours pas de rasoir "female" sous la main. Avouez que c'est bien pratique. Et puis pas de discrimination comme ça ! Après tout, hommes et femmes ne sont-ils pas égaux, même à un poil près ?


Je triche en datant d'hier, mais je revenais de London, une beautiful ville plein de people bizarres et de subway rapides.
Alors je vous ferais une petite quote dessus, mais i don't know quand. See ya !