Par "entouré", j'entends "très proche". J'ajoute cette précision, car nous savons bien tous qu'il y a des cons partout. Comme disait Coluche : Chaque année, il y a de plus en plus de cons. Mais là, j'ai vraiment l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà là.... C'est pour dire !

    Il y a donc des cons partout. Force est d'avouer qu'on en croisera forcément un pendant la semaine, le mois ou l'année. La fréquence la plus probable est pourtant d'au moins un par jour. Toutefois, l'avantage est qu'on peut les éviter. Une excuse débile, un alibi quelconque, une phrase comprenant une subordonnée relative et les voilà largués. Si c'est un con de type "parasite" le seul moyen est de l'éviter physiquement : tournez-vous dès qu'il apparait dans votre champ de vision, sortez votre portable en entamant un "Ah Chéri(e) ! comment tu vas ?" imaginaire, ou tenez-vous le ventre en regardant autour de vous d'une manière affolée... Bon. OK, il y en a tellement qu'il est parfois - même souvent - difficile de les éviter. Surtout si on a besoin d'eux. Si on doit leur passer un coup de téléphone ou leur demander un renseignement. Dans ce cas, la seule chose à faire : subir.
    Et c'est bien pour cela qu'il fait bon de rentrer chez soi ! Récupérer de sa journée de cours, de sa journée de boulot, de ces cons et connes partout. Récupérer, tout simplement. Mais voilà ! Ils sont partout ! Ils nous suivent ! Ils se cachent pour sugir de nulle part, ils nous épient, ils nous emmerdent ! Et ils se déguisent... essentiellement en voisins. Le drame est là. Et oui... N'avez-vous pas remarqué combien certains voisins peuvent être enquiquinants ? Les miens valent la peine d'en faire un billet sur mon blog, voire un article dans le journal - mais cela demandait plus de moyens.
    J'ai de magnifiques voisins. Sur ma droite, ils sont tout à fait normaux, Dieu merci. Le père me dit bonjour et me fait même la bise, la mère soulève les lèvres en me voyant (c'est déjà ça), je vois rarement la fille et le garçon est mignon comme tout : gentil et souriant. Sur la gauche, en revanche, j'ai l'honneur et l'immence joie de vous présenter la famille Pierrafeu. Ces personnes, dont la consanguinité est quasiment prouvée, résident dans une Tour façon moulin du moyen-âge, laquelle Tour s'orne sur son côté droit, d'une maison, recouverte de pierres apparentes. La Tour/moulin en est lui aussi recouvert, au cas où : ne brisons pas l'harmonie. A ces ornements ostantatoires s'ajoutent une terrasse - toute en pierre apparente evidemment -, agrémentée d'une grenouille énorme en pierre et d'une autre statue du genre (heureusement cachée par le mur d'enceinte). Une grille, de type protection de pont-levi, empêche l'accès aux manants. Le nom, au dessus de la meutrière qui leur sert de boîte aux lettres, est gravé dans une roche, puis collée (cloutée ? perforée ? cimentée ?) avec habileté : c'est qu'il faut bien faire tenir 12kg de caillasse sur le mur. Ainsi, c'est en voyant cette dernière oeuvre que le nom de la famille FireStone leur a été gracieusement attribué.
    Ne croyez pas que je fais ce billet par pure méchanceté ou par pure envie de me moquer. Car, même s'il y avait de ça, vous ne savez pas le calvaire que nous subissons à la Pheyno's family. La famille Pierrafeu n'est pas ce qu'on appeler une famille charmante.

    Le père est un macho qui ne veut pas que sa femme aille travailler, alors que lui, s'en va gaiement chaque matin à bord de son grand destrier (un camion). La mère, parlons en. Aimable comme une porte de prison, elle ne sait pas nager (ceci est important pour la suite, je n'ai rien contre les personnes n'ayant pas d'aquointances avec l'eau). Je me demande si elle a trouvé un permis gratuit dans une boite de Bonux et, pour faire bref, ne sort jamais de chez elle. Elle ne sort jamais de son chez soi qui ne porte pas de rideaux, ce qui l'oblige (j'imagine) à croiser les volets de son humble demeure caillassée. En gros, elle habite dans le noir la moitié de l'année et ne sort que pour... que pour j'en sais rien. Des courses j'imagine ? En plus de ceci, au bout de 21 ans, elle n'arrive toujours pas à prononcer mon prénom comme il convient. Candice, candisseuuu, paas CandiZE ! Hé banane !! Non parce qu'à côté de ça, elle prononce tout comme il faut. Allez comprendre... Ces charmants pierrafeu ont eu la bonne idée de perpétrer leur nom et ont donc fait deux biens beaux enfants.
    Leur fils doit avoir une déficiance mentale, voilà bien une chose que je n'exagère pas dans ce petit récit. Le regard hagard, l'oeil mort, la lèvre pendante, ce fort jeune homme trouve en plus de moyen d'être violent et désagréable avec les membres de son espèce (nous ou tout le monde) et plus particulièrement avec sa chère soeur, Miss Peste du millénaire. Elle qui a une charmante particularité : elle ne murmure pas, elle parle. Elle ne parle pas, elle crie. Alors quand elle crie... Quoiqu'il faut bien arriver à couvrir le son DE LA TECHNO QUI SORT A FOND DE LA CHAMBRE DE SON FRERE !! Alors ils n'ouvrent pas les volets de l'année, mais alors l'été, vas y mon cochon !!! Mais comme à la base il a un défaut d'oreille interne (oui il est un peu sourd) ça explique le tout...
    Fort de leur promotion sociale, ils se sont fait construire une piscine... ? En pierre ! Je vois que vous suivez. En pierre donc, fabriquée à la main par le père himself - pour ça il est méritant - qui a eu la bonne idée de faire une terrasse... ? C'est exact, en pierre apparente. La table et les bancs qui sont ici pour décorer (car vu l'usage, on se demande quelle est leur utilité) sont aussi en pierre ! Quelle bonne idée, n'est-il pas ? Ah non, pas apparente cette fois : il faut savoir faire des sacrifices. Toutefois, cette piscine est magnifiquement positionnée de façon à ne prendre le soleil que vers 17h45 le soir. Bonne orientation. Le père n'y a jamais mis les pieds, la mère... idem. Ah, les enfants si. Si si. On les entend bien d'ailleurs. On a entendu crier un jour, on s'est demandé quel cochon passait à l'abatoir avant de nous rendre compte que de gais lurons essayaient avec une facilité certaine de balancer notre chère voisine à la flotte. Joie pour nos yeux et nos oreilles, vous pensez bien. Bref, depuis nous sommes sauvés : le fils (qui a un an de plus que moi) conduit à présent des camions avec son papounet et à donc quitté la maison. La fille (que nous avons eu la chance de voir les jambes écartées enlacer son cli...copain en pleine rue - *joie*) poursuit ses études quelque part je crois, ou pas. Ou alors elle travaille. Bref, elle n'a pas pu aller bien loin mais en tout cas je la voit - et l'entend - beaucoup moins.
    Tout ça pour dire qu'ils nous en ont fait baver et que c'est la larme à l'oeil que nous les voyons tous s'afférer autour de leur totem : la mercedès classe A, qui ne risque pas de prendre la poussière tant elle est astiquée. C'est qu'on se donne pas une offrande à un Dieu boiteux.

Je vais m'arréter là pour aujourd'hui, j'en ai dis bien assez. Vous avez bien compris, il me semble, que je suis entourée de cons. Entourée est le mot car je ne vous ai pas parlé de mon voisin fou d'en face avec sa décharge et son chien qui bouffe les gens, de mon voisin Jean Valjean le bien nommé ou encore mon artiste de voisin qui a installé deux Donalds (en pierre...) à l'entrée de son chez soi, autour du portail...

Encore si on ne pouvait les voir qu'épisodiquement.
Mais non !! Les voisins, c'est pour la vie.